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Arrêt maladie et accident du travail en indépendant

Par Nathan J. · juillet 2026
Ce que la Sécu couvre vraiment quand tu es indépendant
Passer à ton compte change radicalement ta protection en cas d'arrêt. En indépendant affilié au régime général (artisan, commerçant ou micro-entrepreneur), tu n'ouvres droit aux indemnités journalières maladie qu'après 12 mois d'affiliation. Avant un an d'activité, un arrêt ne te rapporte rien. L'indemnité se calcule sur ton revenu annuel moyen des trois dernières années divisé par 730, ce qui revient à environ 50 % de ton revenu journalier, et non 100 % comme beaucoup l'imaginent en quittant le salariat.
Le montant est plafonné. Le revenu pris en compte est limité au plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 47 100 € en 2025, ce qui fixe l'indemnité journalière maximale autour de 64 € par jour. À l'autre bout, si ton revenu annuel moyen tombe sous environ 4 200 €, ton indemnité est nulle. Tu dois donc à la fois avoir assez cotisé et avoir déclaré assez de revenu pour être couvert de façon utile.
Ajoute le délai de carence de 3 jours : les trois premiers jours d'arrêt ne sont jamais indemnisés. Pour un technicien de maintenance habitué à un salaire maintenu par son employeur, l'écart est brutal. Sur une semaine d'arrêt, tu perds trois jours pleins, puis tu touches au mieux 64 € par jour. C'est le socle légal, et c'est précisément pour cela qu'il faut construire par-dessus.
L'accident du travail en indépendant : l'angle mort de ta protection
Voici le point que beaucoup découvrent trop tard. Les travailleurs indépendants classiques ne cotisent pas à la branche accidents du travail et maladies professionnelles. Concrètement, un accident survenu en mission est traité comme une maladie ordinaire : mêmes indemnités journalières plafonnées à environ 64 € par jour, même carence de 3 jours, aucune rente, aucune majoration. Le régime protecteur du salarié accidenté, avec indemnités renforcées et rente en cas d'incapacité, ne s'applique tout simplement pas à toi.
Tu peux souscrire l'assurance volontaire individuelle accident du travail auprès de ta CPAM. Elle prend en charge tes frais de soins à 100 % du tarif conventionnel et verse une rente en cas d'incapacité permanente. Mais attention : elle ne verse aucune indemnité journalière pendant l'arrêt. Autrement dit, elle couvre tes soins et une éventuelle séquelle durable, pas ta perte de revenu au quotidien. Pour ça, il te faut une prévoyance privée.
En maintenance industrielle, le risque n'a rien de théorique. Chute en hauteur, écrasement sur machine, arc électrique, troubles musculo-squelettiques, coactivité sur chantier : ce sont des accidents banals du métier. Point capital, le client sur le site duquel tu te blesses n'est pas ton employeur. Sa couverture accidents du travail ne joue pas pour toi. Blessé sur son parc, tu retombes uniquement sur ta propre protection, celle que tu as choisi de mettre en place, ou pas.
Micro-entreprise : l'abattement qui rabote encore tes indemnités
Si tu es en micro-entreprise, un piège s'ajoute. Ton indemnité journalière n'est pas calculée sur ton chiffre d'affaires, mais sur ton revenu après abattement forfaitaire : 50 % pour les prestations de services artisanales et commerciales (BIC), 34 % pour les activités libérales (BNC). La base de calcul de tes droits est donc mécaniquement amputée de la moitié ou des deux tiers de ce que tu factures réellement, avant même le calcul de l'indemnité.
Un exemple parle mieux qu'une règle. Avec 60 000 € de chiffre d'affaires en prestations de services BIC, le revenu retenu tombe à 30 000 € après abattement de 50 %. Divisé par 730, cela donne une indemnité journalière d'environ 41 € par jour, loin du plafond de 64 €. Et comme le calcul porte sur la moyenne de trois ans, une année de démarrage faible tire durablement tes droits vers le bas. En micro, le confort apparent cache une couverture réduite.
Accès chantier : ce que les sites industriels exigent d'un intervenant extérieur
Ta couverture n'est pas qu'une affaire personnelle : elle conditionne l'accès à tes missions. Les sites industriels, en particulier classés Seveso, en agroalimentaire, en pharma ou en énergie, filtrent sérieusement les intervenants extérieurs. Le Code du travail impose un plan de prévention pour la coactivité (articles R.4511 et suivants) dès 400 heures de travaux annuels ou pour tout travail dangereux. Ton statut d'indépendant te place dans la catégorie entreprise extérieure, avec les obligations documentaires qui vont avec.
Concrètement, le donneur d'ordre te demande une attestation de vigilance URSSAF, une attestation de responsabilité civile professionnelle, souvent un justificatif de prévoyance ou d'assurance accident, et tes habilitations à jour : électrique selon la NF C18-510, travail en hauteur, ATEX, CACES selon les cas. Sans ces pièces, certains services HSE refusent purement et simplement l'accès. Un intervenant mal couvert représente pour eux un risque juridique et d'image qu'ils ne prennent plus.
La leçon est simple : soigner ta protection sociale et tes assurances, ce n'est pas de l'administratif, c'est un argument commercial. Un indépendant qui présente un dossier complet, à jour, rassure le responsable maintenance et passe devant un profil moins carré. Ta prévoyance et ta RC Pro font partie de ton offre autant que tes compétences techniques.
Portage salarial : le statut qui te rebranche sur la couverture salariée
Le portage salarial répond directement à ce trou de couverture. En portage, tu restes maître de tes missions et de ta relation client, mais tu deviens juridiquement salarié de la société de portage. Tu retrouves donc le régime général salarié : indemnités journalières maladie, mais surtout la vraie couverture accidents du travail, celle qui manque cruellement à l'indépendant classique. C'est le principe de la signature d'Industrie Libre, la liberté sans la solitude, appliqué à ta protection.
Sur l'accident du travail, l'écart est net. En tant que salarié porté, tes soins sont pris en charge à 100 %, tu touches des indemnités journalières à 60 % du salaire journalier les 28 premiers jours puis 80 % ensuite, et une rente en cas d'incapacité permanente. Le jour de l'accident reste à la charge de l'employeur. Un accident de chantier ne te laisse plus seul face à la perte de revenu, contrairement au régime indépendant.
Un point de vigilance sur la maladie ordinaire : depuis avril 2025, le plafond de calcul des indemnités journalières maladie du salarié a été abaissé à 1,4 SMIC, ramenant l'indemnité maximale autour de 41,47 € par jour. Mais la convention collective du portage salarial et la prévoyance obligatoire viennent compléter ce socle, avec un maintien de salaire que l'indépendant seul doit financer intégralement de sa poche.
Intégrer le risque d'arrêt dans ton TJM
Ton tarif journalier doit absorber ce que le salariat te versait sans que tu y penses. Un salarié est payé pendant ses congés, ses jours fériés et ses arrêts. Toi, tu factures au mieux 210 à 220 jours par an, une fois retirés les week-ends, les congés, les jours creux entre deux missions et la prospection. Chaque jour d'arrêt au-delà de la maigre indemnité de la Sécu est une perte sèche que personne ne compense.
La règle est donc de provisionner. Intègre dans ton TJM une marge pour les jours non facturés et le coût de ta prévoyance, au lieu de calquer ton tarif sur un salaire mensuel divisé par 21. Vouloir l'équivalent d'un net confortable suppose un TJM qui couvre tes cotisations sociales, ta prévoyance, tes assurances, et un volant de jours non travaillés. Un indépendant qui vend au prix d'un intérimaire se paie moins bien qu'un salarié, arrêts compris.
Le bon réflexe est de raisonner en revenu annuel cible, puis de le diviser par un nombre de jours facturables réaliste, en ajoutant ensuite le coût de ta protection. C'est exactement ce que fait le calculateur de TJM d'Industrie Libre : il transforme ton objectif de revenu en tarif plancher, prévoyance et jours d'arrêt inclus.
La prévoyance : le vrai filet quand la Sécu s'arrête à 64 €
Au-dessus du socle légal, la prévoyance est l'outil qui rend ton statut vivable sur la durée. Un contrat de prévoyance verse des indemnités journalières complémentaires qui viennent s'ajouter aux 64 € de la Sécu, garantit un revenu en cas d'invalidité, et prévoit un capital décès pour tes proches. Pour un indépendant au réel, le cadre de la loi Madelin permet en plus de déduire les cotisations du bénéfice imposable, un avantage que la micro ne permet pas mais qui ne retire rien à l'utilité du contrat.
Le paramètre clé est la franchise, c'est-à-dire le nombre de jours d'arrêt avant que le contrat ne t'indemnise : souvent 3, 15, 30 ou 90 jours. Plus la franchise est courte, plus la prime monte. Compte en général 2 à 5 % de ton revenu pour un niveau de garantie sérieux, avec une couverture spécifique pour l'accident, précisément là où la Sécu de l'indépendant te laisse nu. C'est le poste que tu dois arbitrer en premier, avant l'optimisation fiscale.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il cotiser avant de toucher des indemnités ?+
Il faut 12 mois d'affiliation en tant que travailleur indépendant pour ouvrir droit aux indemnités journalières maladie. Avant un an d'activité, un arrêt n'ouvre aucun versement, et un délai de carence de 3 jours s'applique ensuite à chaque arrêt.
Un auto-entrepreneur est-il couvert en cas d'accident du travail ?+
Non, pas au sens salarié. L'accident est traité comme une maladie ordinaire, avec les mêmes indemnités plafonnées à environ 64 € par jour en 2025. L'assurance volontaire de la CPAM couvre les soins et une rente d'incapacité, mais ne verse pas d'indemnités journalières : seule une prévoyance privée compense la perte de revenu.
Quel est le montant maximum des indemnités ?+
Environ 64 € par jour en 2025, sur la base d'un revenu plafonné au plafond de la Sécurité sociale. En micro-entreprise, l'abattement forfaitaire de 50 % ou 34 % réduit encore la base de calcul, si bien que beaucoup de techniciens perçoivent nettement moins. Pour aller plus loin, chiffre d'abord ta protection, puis ton tarif : le calculateur de TJM d'Industrie Libre intègre prévoyance et jours d'arrêt pour te donner un plancher réaliste. Et si tu veux échanger avec des techniciens qui sont déjà passés par là, rejoins le vivier Industrie Libre, le réseau des indépendants de la maintenance, pour ne plus arbitrer seul ces questions de statut, de couverture et de prix.
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