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FAT / SAT : réussir la recette d'un équipement industriel

Par Nathan J. · juillet 2026
FAT vs SAT : deux recettes, un seul objectif
Le FAT (Factory Acceptance Test) se déroule chez le fabricant, avant expédition : on valide l'équipement en conditions simulées, sur banc, avant qu'il ne quitte l'atelier. Le SAT (Site Acceptance Test) se joue sur site, après installation, en conditions réelles : utilités raccordées, interfaces branchées, environnement définitif. La norme IEC 62381 encadre les deux pour les systèmes d'automatisation de procédés. La logique est simple : un défaut corrigé en usine coûte environ 10x moins cher que le même défaut détecté sur site, ligne à l'arrêt. La recette n'est pas une formalité, c'est un filtre financier.
Concrètement, un FAT valide la logique automate, les séquences, les alarmes, les sécurités (arrêts d'urgence, verrouillages), les I/O et les IHM. Le SAT vérifie que tout tient une fois l'équipement câblé au réel : capteurs process, débits, températures, communication avec le SCADA existant. Entre les deux, on ne teste pas la même chose. Un technicien indépendant qui maîtrise ce distinguo se rend indispensable : il sait ce qui doit être bouclé avant transport et ce qui ne peut se vérifier qu'à la mise en service.
Le protocole FAT : ce qu'on vérifie, dans l'ordre
Un FAT sérieux repose sur un protocole écrit, validé par le client avant le test : liste des points de contrôle, critères d'acceptation, feuilles de relevés. On déroule dans l'ordre : contrôle documentaire (schémas, nomenclatures, certificats matière), inspection visuelle et dimensionnelle, essais statiques (continuité, isolement, serrages), puis essais fonctionnels sous tension. Chaque point est coté OK / réserve / KO. Comptez souvent 1 à 3 jours de test pour une machine de ligne, davantage pour un skid process complet. Rien ne part tant que les réserves bloquantes ne sont pas levées.
Le cœur du FAT, ce sont les essais fonctionnels : marche/arrêt, modes automatique et manuel, gestion des défauts simulés, temps de cycle, et surtout les sécurités. On force une entrée capteur, on vérifie que l'automate réagit ; on déclenche un arrêt d'urgence, on chronomètre. Chaque anomalie est consignée sur une fiche de réserve numérotée, avec responsable et délai. Un procès-verbal de FAT signé conditionne l'expédition et souvent un jalon de paiement (par exemple 30 % à la commande, 60 % au FAT, 10 % au SAT). Le PV, c'est votre preuve et votre protection.
Le SAT sur site : la recette en conditions réelles
Le SAT démarre après montage, raccordement et remise en énergie. On rejoue les tests fonctionnels du FAT, mais cette fois avec le vrai process : matière réelle, utilités (air comprimé, eau, vapeur, azote), communication avec l'existant. C'est là qu'apparaissent les surprises : temps de réponse d'un capteur qui décale une régulation, adressage réseau qui ne monte pas, terre mal reprise. Le SAT valide aussi les performances contractuelles : cadence nominale, taux de rebut, consommations. Sans SAT signé, la garantie et la réception définitive ne courent pas.
Sur le terrain, le SAT enchaîne souvent avec la mise en service et les essais de performance (marche à vide, marche en charge, run test de 24 à 72 h). L'indépendant en commissioning gère les réserves, forme les opérateurs et rédige le PV de réception. Anticipez les pertes de temps classiques : utilités non prêtes, pièces manquantes, planning client glissant. Sécurisez votre TJM en facturant l'attente ou en cadrant par bon de commande le périmètre exact. Un SAT mal bordé, c'est deux semaines sur place au lieu de cinq jours, sans rallonge.
Habilitations et compétences exigées sur une recette
Sur un FAT ou un SAT électrique/automatisme, on ne vous laisse pas approcher l'armoire sans habilitation électrique à jour (norme NF C 18-510) : au minimum B2V/BR/BC pour les interventions BT, souvent H0V pour la haute tension à proximité. Ajoutez, selon les sites, le CACES nacelle (R486) pour les accès en hauteur, l'habilitation ATEX en zones explosibles (chimie, agroalimentaire, pharma) et une formation travail en hauteur. Ces cartes ne sont pas des lignes de CV : ce sont les clés qui ouvrent la mission. Sans elles, pas d'accès armoire, pas de test, pas de facture.
Côté technique, une recette exige un profil polyvalent : lecture de schémas électriques et P&ID, diagnostic automate (Siemens TIA Portal, Schneider Unity/EcoStruxure, Rockwell Studio 5000), notions réseau industriel (Profinet, Modbus, Profibus), instrumentation et régulation. La rareté paie : un automaticien confirmé maîtrisant TIA Portal et la mise en service se facture 100 à 200 €/jour au-dessus du généraliste. Entretenez vos habilitations (recyclage électrique tous les 3 ans en général) et affichez-les clairement dans votre vivier : un donneur d'ordre veut vérifier en 30 secondes que vous êtes déployable demain matin.
Pourquoi la recette est une mine d'or pour l'indépendant
Les missions de FAT/SAT sont courtes, denses et bien payées : elles tombent en fin de projet, quand le client a un impératif de démarrage et peu de ressources internes disponibles. C'est exactement le terrain du technicien indépendant. Les fourchettes 2026 parlent d'elles-mêmes : automaticien freelance de 400 à 650 €/jour, technicien de maintenance industrielle de 300 à 450 €/jour, et responsable commissioning de 800 à 1 500 €/jour sur les projets sous forte pression calendaire (énergie, offshore, gros process). Une campagne de SAT de deux semaines, c'est un mois de salaire brut pour beaucoup de salariés.
À son compte, ces missions ont un autre avantage : elles se répètent. Un intégrateur qui vous a vu tenir un FAT propre vous rappelle pour le suivant, puis vous confie le SAT chez son client final. On construit un portefeuille de donneurs d'ordre récurrents sans jamais démarcher à froid. Le nerf de la guerre reste le TJM : intégrez le temps de préparation du protocole, les déplacements, l'attente sur site et les nuits d'astreinte lors des run tests. Un TJM affiché à 500 € qui masque 20 % de temps non facturé, c'est un vrai 400 €. Facturez le temps réel, pas le temps rêvé.
Se lancer en freelance sur les missions de recette
Pour facturer une recette en indépendant, il faut un statut. La micro-entreprise permet de démarrer en quelques jours, sans capital, avec un plafond de chiffre d'affaires de 83 600 € en prestation de services (2026, encaissé au 31/12) : idéal pour tester le marché. Au-delà, ou pour rassurer un grand donneur d'ordre, on bascule en EURL/SASU ou en portage salarial. Le portage vous laisse le statut de salarié (protection sociale, assurance chômage) contre une commission de gestion de 5 à 10 % : vous facturez votre TJM, le reste est géré.
Le passage à son compte se déclare simplement (guichet unique INPI), mais la mission de recette impose deux réflexes non négociables : une RC Pro adaptée (vous intervenez sur des sécurités et des équipements à six chiffres) et un devis ou bon de commande cadrant le périmètre, le TJM, les frais de déplacement et les conditions d'attente. Facturez toujours après PV signé ou selon un échéancier lié aux jalons FAT/SAT. Le vivier d'un réseau d'indépendants change la donne ici : il capte les missions, cadre le contrat et vous laisse vous concentrer sur la technique.
Questions fréquentes
Quelle différence entre FAT et SAT ?+
Le FAT valide l'équipement chez le fabricant avant expédition, en conditions simulées ; le SAT le valide sur site après installation, en conditions réelles.
Faut-il une habilitation pour faire une recette ?+
Oui, habilitation électrique à jour (B2V/BR/BC minimum, norme NF C 18-510), voire ATEX ou CACES selon le site.
Combien dure une recette ?+
De 1 à 3 jours pour un FAT machine, jusqu'à une à deux semaines pour un SAT avec mise en service et run test de 24 à 72 h.
Quel TJM viser sur ces missions ?+
En 2026, comptez 400 à 650 €/jour en automatisme, 300 à 450 €/jour en maintenance, et 800 à 1 500 €/jour en responsable commissioning sur projet tendu.
Quel statut choisir pour se lancer ?+
Micro-entreprise pour démarrer vite (plafond 83 600 € en services), portage salarial pour garder la protection sociale, EURL/SASU pour les gros volumes.
Comment trouver ces missions sans démarcher ?+
En rejoignant un vivier d'indépendants qui capte les besoins B2B et vous positionne sur les campagnes de FAT/SAT : la liberté, sans la solitude.
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