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Grille des TJM freelance de la maintenance en 2026
Par Nathan J. · juillet 2026
Le TJM freelance en maintenance : la seule unité qui compte
Ton TJM, c'est ton tarif journalier moyen, le prix d'une journée de travail facturée hors taxes à l'industriel. En maintenance, c'est l'unité de référence, bien plus parlante qu'un taux horaire ou un salaire mensuel. Une journée facturée couvre en général 7 à 8 heures d'intervention sur site. Tout le reste, déplacements, astreintes, heures de nuit, se négocie en supplément et ne se noie jamais dans le TJM de base.
Un point que beaucoup de techniciens ratent au départ : le TJM n'est pas un salaire déguisé. Sur une année, tu ne factures pas 220 jours mais plutôt 200 à 215, congés, formations et intercontrats déduits. À ce chiffre tu retires tes cotisations, ta RC Pro, ton matériel et tes frais. Un TJM de 450 € ne veut donc pas dire 450 € dans ta poche, on y revient plus bas.
La grille 2026 des TJM par métier
Voici les fourchettes réelles observées sur le marché français en 2026, tous statuts confondus (freelance direct, portage, assistance technique). Mécanicien industriel : 300 à 420 €. Technicien de maintenance généraliste : 300 à 450 €. Électrotechnicien confirmé : 380 à 520 €. Automaticien (Siemens, Schneider, robotique) : 400 à 650 €. Ces écarts s'expliquent d'abord par la rareté de la compétence : plus ton métier touche à l'automatisme et à la supervision, plus la journée se paie cher.
En haut de la grille, les fonctions à responsabilité changent d'échelle. Un chef d'équipe ou un référent méthodes tourne autour de 500 à 700 €. Un responsable maintenance freelance qui pilote un site, une GMAO et un budget se situe entre 750 et 1 100 € la journée. Un ingénieur maintenance ou fiabilité dépasse souvent 600 à 1 000 €. Ces tarifs paraissent hauts vus depuis un bulletin de salaire, ils sont pourtant cohérents avec la valeur d'un arrêt de ligne évité.
L'expérience, ton premier levier de prix
L'ancienneté reste le critère numéro un. Un junior de 0 à 2 ans d'expérience se positionne entre 250 et 350 €, parce qu'il a encore besoin d'être encadré sur les interventions lourdes. Un profil confirmé de 3 à 7 ans, autonome sur du curatif comme du préventif, facture 350 à 450 €. À partir de 7 ans, avec une expertise pointue et la capacité de gérer une panne critique seul, tu entres dans la tranche 450 à 650 € et au delà.
Le saut le plus rentable se joue entre confirmé et expert. Ce n'est pas seulement une question d'années : c'est ta capacité à intervenir sans filet sur un équipement que le site ne peut pas arrêter. Le jour où un industriel t'appelle spécifiquement parce que tu connais sa machine, tu ne vends plus des heures, tu vends une garantie de redémarrage. C'est ce positionnement qui justifie de sortir du bas de grille et d'assumer un TJM de spécialiste.
Les habilitations et spécialités qui font grimper le tarif
À expérience égale, deux techniciens ne valent pas le même TJM. Ce qui creuse l'écart, ce sont les habilitations et les niches. Une habilitation électrique B2V, BR ou BC, un CACES R486 ou R489, une qualification ATEX pour les sites classés, une certification soudure : chacun de ces papiers ouvre des missions fermées aux autres. Sur un site pétrochimique ou agroalimentaire réglementé, l'absence d'ATEX ou de N2 t'exclut d'office, et la rareté de ceux qui les ont tire les prix vers le haut.
La polyvalence paie aussi. Le technicien capable d'enchaîner mécanique, électricité et automatisme sur une même intervention évite à l'usine de faire venir trois intervenants. Cette valeur se facture. De même, une spécialité constructeur recherchée, un TIA Portal maîtrisé, une expérience robotique Fanuc ou ABB, une connaissance d'un parc précis, justifie 50 à 150 € de plus par jour. Ta grille personnelle se construit habilitation par habilitation, pas seulement année par année.
Région, astreinte, arrêts : ce qui se facture en plus
La géographie pèse sur le tarif. On observe couramment un écart de 15 à 20 % entre l'Île-de-France et la province, tiré par le coût de la vie et la densité de donneurs d'ordre. Mais la maintenance a sa propre logique : un site isolé, difficile à staffer, paiera parfois mieux qu'un bassin industriel saturé de techniciens. La règle utile, c'est de raisonner par tension locale sur ta compétence, pas par une moyenne nationale figée.
Certaines contraintes ne rentrent jamais dans le TJM de base et se négocient à part. Le travail de nuit ou de week-end supporte des majorations qui peuvent aller jusqu'au doublement de la journée. L'astreinte se facture en forfait de disponibilité, distinct des heures réellement travaillées si tu es appelé. Les arrêts techniques d'été, où la demande explose entre juin et septembre, permettent de pousser ton TJM de 10 à 20 %. Négocier ces lignes séparément, c'est protéger ton tarif de référence tout en captant la valeur des contraintes.
Freelance, portage, intérim : le même TJM ne dit pas la même chose
Un TJM affiché ne se lit pas pareil selon ton statut. En freelance direct (micro-entreprise ou société), le tarif que tu factures est brut de charges : tu portes tes cotisations, ta RC Pro, ta compta et tes trous d'activité. En portage salarial, la société encaisse ton TJM, prélève ses frais de gestion et les cotisations, puis te verse un salaire de cadre avec protection sociale, arrêts maladie et droits chômage. À TJM identique, le net et le niveau de sécurité diffèrent nettement.
L'intérim joue dans une autre catégorie. L'agence fixe le taux et la mission, tu ne négocies quasiment rien. À compétence égale, l'écart entre un taux d'intérim et un TJM négocié en direct atteint souvent 40 à 60 %, parce que l'intermédiaire capte une marge et que tu perds le levier de la négociation. Passer d'intérimaire à indépendant, c'est d'abord récupérer la main sur ton prix, à condition de savoir le défendre face à un acheteur.
Du TJM au net : ce que tu gardes vraiment
Le chiffre qui compte à la fin, c'est ton net, pas ton TJM. En micro-entreprise, compte environ 22 % de cotisations sur le chiffre d'affaires encaissé en prestation de services, plus la CFE et ta RC Pro. En portage, les frais de gestion et les charges salariales ramènent généralement le net à 50 à 55 % du HT facturé. Un même TJM de 550 € ne produit donc pas le même revenu selon le montage que tu choisis.
Un exemple concret : à 450 € de TJM sur 210 jours facturés, tu génères environ 94 500 € de chiffre d'affaires annuel. En micro, après cotisations et frais, tu conserves un revenu net nettement supérieur à un salaire de technicien classique. En portage, tu récupères moins en net mais tu gagnes le statut cadre et les droits chômage. Le bon TJM n'est jamais un chiffre isolé : c'est celui qui, après ton statut et tes frais, dépasse clairement ce qu'un CDI t'offrirait.
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