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Programmation automate : débuter sur Siemens et Schneider
Par Nathan J. · juillet 2026
La compétence qui change ton TJM
La programmation automate, c'est ce qui sépare un dépanneur d'un profil rare. Un automaticien indépendant facture entre 400 et 650 €/jour selon l'expérience, contre 300 à 450 €/jour pour un technicien de maintenance généraliste à son compte. En salariat, l'écart existe aussi : 2 200 à 3 200 € brut/mois. La raison est simple : sur une ligne arrêtée, celui qui sait ouvrir le programme, lire le GRAFCET et corriger un bit de sécurité vaut de l'or. Cette compétence se muscle, elle ne s'improvise pas.
Deux marques verrouillent le marché français : Siemens (TIA Portal, gammes S7-1200 et S7-1500) et Schneider Electric (EcoStruxure Control Expert, ex-Unity Pro, sur Modicon M340/M580). Maîtriser l'une ouvre déjà des dizaines de missions ; savoir naviguer dans les deux te rend quasi introuvable comme indépendant. Ajoute la supervision (WinCC, Vijeo) et tu couvres 80 % des besoins terrain en agroalimentaire, automobile et intralogistique, les trois secteurs qui cherchent le plus d'automaticiens en 2026.
Siemens ou Schneider : par où commencer
Commence par la marque de ton bassin industriel. Siemens domine l'automobile et la machine spéciale ; Schneider est fort dans l'énergie, l'eau et le process. Si tu débutes, vise Siemens TIA Portal : la communauté, les tutos et les offres de missions y sont plus nombreux. Un S7-1200 d'occasion se trouve dès 250 à 400 € pour t'entraîner chez toi. Monte un petit banc avec quelques capteurs et un variateur : c'est ton meilleur argument quand un donneur d'ordre teste un indépendant en entretien de mission.
Ne disperse pas ton énergie. Vise d'abord la lecture de programme et le diagnostic : 70 % des missions de maintenance, c'est comprendre un code existant, pas repartir de zéro. Sache retrouver une entrée/sortie, forcer une variable en test, lire une table de mnémoniques, interpréter un défaut sur l'IHM. La création complète de programme et le rétrofit viennent après, une fois que tu factures déjà tes premières interventions à ton compte.
Les langages : LADDER, GRAFCET, ST, FBD
La norme IEC 61131-3 définit les langages que tu retrouveras partout. Le LADDER (langage à contacts) ressemble à un schéma électrique : entrée idéale pour un électricien ou un technicien, parfait pour le dépannage. Le GRAFCET (SFC) décrit le séquentiel d'une machine étape par étape, indispensable pour comprendre un cycle de production. Le ST (texte structuré, proche du Pascal) gère les calculs et la logique complexe. Le FBD (blocs fonctions) structure les régulations et les traitements analogiques.
Ordre d'apprentissage conseillé : LADDER d'abord (tu le lis en une semaine si tu connais l'électrotechnique), puis GRAFCET pour la logique séquentielle, enfin ST pour monter en gamme. En pratique, la plupart des programmes mélangent LADDER pour la sécurité et les E/S, ST pour les traitements. Sache lire les quatre langages, même si tu n'en écris couramment que deux : sur le terrain, un défaut peut se cacher dans n'importe quel bloc du programme, et c'est toi l'indépendant qu'on appelle pour le trouver.
Se former sans se ruiner : coûts et durées
Le chemin officiel, ce sont les formations éditeurs. Un niveau 1 débutant Siemens TIA Portal (S7-1200/1500) coûte environ 2 775 € HT pour 4 à 5 jours en inter-entreprise ; le niveau 2 tourne autour de 2 975 €, le niveau 3 près de 3 175 €. En intra sur ton site, compte environ 1 500 € HT/jour pour un groupe. Ces coûts sont mobilisables via CPF, OPCO, ou le plan de formation si tu passes par le portage salarial : un indépendant a rarement à sortir 2 775 € de sa poche.
L'autoformation reste la voie la plus rapide pour débuter. Version d'essai gratuite de TIA Portal (21 jours renouvelables), automate d'occasion à 300 €, chaînes vidéo spécialisées et forums : tu acquiers les bases de lecture en 4 à 8 semaines à raison de quelques heures par semaine. Objectif concret : être capable, sur un programme réel, de suivre un signal d'un capteur jusqu'à un actionneur. Ce niveau suffit pour décrocher tes premières missions de maintenance en indépendant.
Se mettre à son compte : statut, TJM, facture
Pour te lancer, deux statuts dominent. La micro-entreprise : création en 15 minutes en ligne, cotisations sociales à 25,6 % du chiffre d'affaires encaissé en activité libérale (BNC) depuis 2026, plafond relevé à 83 600 € HT pour les prestations. Tu factures, tu déclares, tu paies : simple, mais responsabilité perso et franchise de TVA seulement jusqu'à environ 39 100 € (puis 41 250 € de seuil majoré). Le portage salarial : tu gardes le statut salarié (chômage, retraite, mutuelle), le portage facture le client et te reverse un salaire, moyennant 5 à 10 % de frais de gestion.
Fixe ton TJM à partir d'un plancher réaliste. Pour un automaticien qui débute en freelance, 400 à 450 €/jour est un point de départ crédible ; avec de la mise en service et du rétrofit, tu montes vers 550, puis 650 €/jour en expert bilingue Siemens/Schneider. N'oublie pas les majorations : astreinte, nuit, week-end et jours fériés se facturent souvent jusqu'au double du tarif de base. Une facture propre = numéro, date, TJM, nombre de jours, mention TVA (ou franchise en base), délai de paiement 30 jours.
Où sont les missions : rétrofit, mise en service, astreinte
Trois familles de missions font vivre un automaticien indépendant. Le dépannage et l'astreinte : intervention rapide sur ligne arrêtée, la plus accessible quand tu débutes à ton compte. La mise en service : démarrage d'une nouvelle machine, souvent en déplacement, très bien payée. Le rétrofit : migration d'un vieil automate (ex-STEP 7 vers TIA Portal, ou Modicon obsolète vers Control Expert), missions longues de plusieurs semaines à plusieurs mois, idéales pour lisser ton chiffre d'affaires d'indépendant sur l'année.
Le vrai frein de l'indépendant, ce n'est pas la technique, c'est trouver les missions sans y passer ses soirées. C'est exactement ce que résout un vivier de techniciens : les besoins industriels arrivent, tu te concentres sur l'automate, pas sur la prospection. La liberté, sans la solitude. Rejoins le vivier Industrie Libre et teste ton tarif avec le calculateur de TJM pour situer ta valeur réelle sur le marché avant même ta première mission à ton compte.
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme pour programmer des automates en indépendant ? Non, aucun diplôme obligatoire. Ce qui compte, c'est la compétence prouvée : un BTS CIRA, MAI, électrotechnique ou une solide expérience terrain suffisent. Beaucoup d'automaticiens indépendants sont d'anciens électromécaniciens montés en compétence. Le client vérifie ce que tu sais faire sur son automate, pas ton parcours scolaire. Une habilitation électrique à jour (BR pour l'intervention, B2V pour les travaux) reste en revanche exigée sur la quasi-totalité des sites industriels.
Combien de temps pour être opérationnel et facturer ? Pour de la lecture de programme et du diagnostic de base, compte 1 à 3 mois d'apprentissage sérieux si tu as déjà un socle en électrotechnique. Pour créer des programmes complets et faire de la mise en service, prévois 12 à 24 mois d'expérience réelle sur machines. Tu peux commencer à facturer des missions de maintenance en indépendant bien avant d'être expert : le marché manque de bras dès le niveau intermédiaire.
Siemens ou Schneider rapporte le plus ? Les deux se facturent dans la même fourchette, 400 à 650 €/jour selon l'expérience. Siemens offre plus de volume de missions en France (automobile, machine spéciale) ; Schneider paie bien sur les gros projets énergie et process. Le meilleur choix pour un indépendant : maîtriser la marque de ton bassin industriel local, puis apprendre la seconde. Un profil bilingue Siemens/Schneider devient quasi introuvable et négocie son TJM vers le haut.
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