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Simulation portage salarial : du TJM au net
Par Nathan J. · juillet 2026
La formule qui va à l'essentiel
En portage salarial, un repère tient en une ligne : ton net mensuel avoisine ton TJM multiplié par le nombre de jours facturés, le tout ramené à 50 à 55 %. Concrètement, un taux journalier de 450 € sur 18 jours produit 8 100 € de chiffre d'affaires hors taxes, et il te reste environ 4 100 € net, congés compris. Ce ratio n'a rien de magique : il découle des frais de gestion de la société de portage, des cotisations patronales puis salariales, et d'une réserve mise de côté pour toi.
Retiens le principe avant les chiffres : le portage transforme une facture client en fiche de paie. Entre les deux, trois prélèvements se succèdent, dans cet ordre précis et jamais l'inverse. Comprendre la séquence t'évite les mauvaises surprises et te permet de vérifier n'importe quelle simulation reçue d'une enseigne. Le reste de cette page décompose chaque étage pour que tu saches d'où vient chaque euro, du taux affiché au montant qui tombe sur ton compte.
Étape 1 : du TJM au chiffre d'affaires
Tout part de ton taux journalier moyen, ton TJM. Tu factures l'industriel en jours de présence sur site : une semaine standard pèse 5 jours, un mois plein tourne autour de 18 à 21 jours ouvrés. Multiplie ton TJM par ces jours et tu obtiens le chiffre d'affaires hors taxes de la mission. Un mécanicien à 380 €/jour sur 20 jours facture 7 600 € HT ; un automaticien à 550 € sur le même volume atteint 11 000 €.
La TVA, elle, transite par la société de portage et ne t'appartient jamais : elle ne compte pas une seconde dans ta rémunération. Attention aussi à distinguer jours facturés et jours travaillés. Les temps de déplacement, de rédaction de rapport ou d'intercontrat ne sont pas payés par le client s'ils ne figurent pas au contrat. Ton chiffre d'affaires ne repose que sur les jours réellement facturés, base de tout le calcul qui suit.
Étape 2 : les frais de gestion de la société de portage
La société de portage se rémunère par des frais de gestion prélevés sur le HT. En 2026, ils oscillent entre 3 et 10 %, avec une moyenne de marché autour de 5 à 8 %. Certaines enseignes proposent un forfait mensuel fixe, de l'ordre de 99 €, ou plafonnent le prélèvement, par exemple à 700 € par mois. Sur 8 100 € de chiffre d'affaires, 7 % de frais représentent 567 € : le solde, environ 7 533 €, devient la base de ta paie.
Ces frais couvrent un travail réel : facturation, relances client, établissement de la paie, RC Pro et garantie financière obligatoire. C'est aussi le premier levier de ton net. Plus ton volume mensuel est élevé, plus tu peux négocier un taux dégressif ou un plafond. Compare toujours à service égal : un taux de 5 % qui n'inclut ni assurance ni suivi de compte coûte parfois plus cher, au final, qu'un taux de 8 % tout compris.
Étape 3 : charges patronales et salariales
Après frais, le solde devient une masse salariale chargée. Les cotisations patronales représentent grosso modo 45 à 52 % : Sécurité sociale, retraite complémentaire, assurance chômage, prévoyance et mutuelle du cadre. Une fois le salaire brut dégagé, les cotisations salariales, autour de 22 %, s'appliquent à leur tour avant d'arriver au net. C'est ce double étage, patronal puis salarial, qui explique le ratio final de 50 à 55 % du chiffre d'affaires que tu retrouves dans toutes les simulations sérieuses.
La contrepartie change tout par rapport à la micro-entreprise. Ces cotisations ne partent pas en fumée : elles t'ouvrent de vrais droits. Tu cotises comme un cadre pour la retraite, tu bénéficies d'indemnités journalières en cas d'arrêt, et surtout chaque mission portée alimente tes droits à l'allocation chômage France Travail. Un technicien en micro qui enchaîne les missions ne se constitue, lui, aucun filet en cas de coup dur.
Réserve financière et congés payés : ce que tu ne perds pas
Deux lignes du calcul ne sont pas des pertes, mais du différé. La réserve financière, environ 10 %, est mise de côté sur ton compte d'activité. Tu la débloques entre deux missions, pour financer tes congés ou une rupture. Les congés payés, eux, sont provisionnés à hauteur de 10 % et te reviennent, soit sous forme d'indemnité compensatrice intégrée chaque mois, soit au moment où tu les prends réellement.
Autrement dit, le net « congés inclus » que tu lis dans une simulation contient déjà cette part de congés. Ne compare donc jamais deux devis de portage sans vérifier si les congés sont intégrés ou affichés à part : l'écart optique peut atteindre 10 %. Cette mécanique de réserve est aussi ta sécurité pendant un intercontrat, quand la prospection remplace la mission et qu'aucune facture ne rentre pendant quelques semaines.
Exemple chiffré complet : un TJM de 450 € sur un arrêt technique
Prenons un arrêt technique d'été, la haute saison du freelance de maintenance. Tu négocies un TJM de 450 € sur une mission de 18 jours. Chiffre d'affaires : 8 100 € HT. Frais de gestion à 7 % : 567 €, il reste 7 533 €. Après cotisations patronales puis salariales, ton net gravite autour de 4 100 €, congés compris. Le calcul est linéaire : chaque jour facturé en plus vaut, net dans ta poche, à peu près la moitié de ton TJM.
Fais varier les curseurs pour t'approprier la logique. Monte à 21 jours facturés et le chiffre d'affaires passe à 9 450 €, pour un net proche de 4 800 €. Baisse le TJM à 380 € sur 20 jours et tu factures 7 600 €, soit environ 3 900 € net. Un TJM d'expert à 600 € sur 20 jours dépasse 12 000 € de chiffre d'affaires et vise 6 000 € net. Deux repères suffisent : le TJM et les jours.
Les frais professionnels : le levier qui gonfle ton net
Le vrai levier d'optimisation, c'est la refacturation des frais professionnels. Tes déplacements, péages, nuits d'hôtel, repas et achats d'outillage liés à la mission peuvent être remboursés hors salaire, donc sans cotisations. Pour un technicien en grand déplacement, cela représente vite plusieurs centaines d'euros par semaine récupérés à 100 %, contre la moitié seulement s'ils passaient par le salaire brut classique.
Barème kilométrique, forfait grand déplacement, indemnités de repas : chaque justificatif conservé améliore mécaniquement ton net. Sur une mission éloignée de ton domicile, des frais bien gérés font grimper ton taux de restitution bien au-delà des 55 % théoriques. La règle est simple : ce qui est un vrai frais professionnel n'a pas à être chargé. Garde toutes tes notes et transmets-les à ta société de portage à chaque fin de mois.
Simulation portage salarial : les questions fréquentes
Quel pourcentage du TJM reste-t-il vraiment en net ? Compte 50 à 55 % de ton chiffre d'affaires hors taxes, congés inclus, une fois les frais de gestion et toutes les cotisations déduites. Le haut de la fourchette se gagne avec un volume élevé, des frais de gestion négociés et des frais professionnels bien refacturés.
Y a-t-il un salaire minimum en portage ? Oui. La convention collective l'indexe sur le plafond mensuel de la Sécurité sociale, 4 005 € en 2026. Un profil junior touche au moins 70 % de ce plafond, soit environ 2 748 € bruts, un senior 75 %, soit près de 2 944 € bruts. En dessous du TJM correspondant, une mission n'est tout simplement pas portable.
Le portage est-il rentable pour un petit TJM ? En dessous de 300 € par jour, les frais fixes pèsent lourd et la micro-entreprise reste souvent plus efficace. Le portage prend l'avantage à partir de 350 à 400 €, quand la protection sociale, les droits chômage et l'accès aux grands comptes justifient le coût des cotisations.
Combien de temps pour être payé ? La société de portage te verse ton salaire chaque mois, souvent avant même d'avoir encaissé le client, grâce à la garantie financière : ni facture à relancer, ni trou de trésorerie. Pour convertir ton propre TJM en net, teste le calculateur de TJM d'Industrie Libre, puis rejoins le vivier : nos chargés d'affaires te positionnent sur les arrêts techniques et tu négocies ton taux en direct, zéro commission.
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